Danse des derviches à Fada N’Gourma

 

 

L’Islam africain s’appuie sur les confréries dont l’adhésion est volontaire et qui honore de saints hommes, penseurs créateurs des rites que suit l’ensemble des adhérents à la confrérie. Ce sont les tombeaux de ces créateurs qui avaient fait l’objet de destruction par les djihadistes à Tombouctou, ces derniers étant souvent adeptes du wahhabisme (Arabie Saoudite) au du Salafisme (terme quasi-équivalent) qui prône l’abandon des idoles et, par conséquent, des saints fondateurs. L’Afrique de l’Ouest a été islamisée principalement par deux confréries soufies, la Tidjaniyya et la Qâdiriyya.

Parmi les deux confréries, quelques-uns sont tentés par la « voie » que représente l’expérience derviche, où le croyant se rapproche de Dieu dans une extase provoquée par le fait de tourner sur soi-même, à l’imitation des Derviches tourneurs turcs. Le Dervichisme ne se résume pas à ce seul aspect et consiste aussi en une expérience ascétique et de pauvreté, à l’instar des moines mendiants chrétiens.

Une fois par an, les confréries soufies de Fada N’Gourma se produisaient sur une place à l’extérieur du village. Il y avait alors deux sortes de danses.

La première, vraiment derviche, consiste à tourner deux fois sur soi-même, puis à taper avec un bâton tenu à la main, alternativement avec la personne qui vous précède, puis celle qui vous suit, après avoir de nouveau tourné deux fois. Pour l’occasion, les danseurs revêtent leurs plus beaux boubous, recouverts d’un manteau de coton tissé aux couleurs brillantes. De nombreux membres du personnel de l’hôpital se trouvaient parmi les tourneurs. Par exemple, le personnage masqué au centre des photos est l'infirmier anesthésiste du bloc opératoire.

La deuxième est plus difficile à photographier. Elle consiste à faire bouger les muscles du torse et du dos en cadence, au son des tambours. Pour ce faire, les danseurs sont torse nu, regroupés, mais l’instantané ne rend pas d’aussi belle images que la danse précédente.