Tombouctou

 

Février 1978 : je travaille pour le Centre International de l’Enfance à Paris et nous effectuons une mission sur la santé des enfants des écoles dans la région de Tombouctou et Goundam (Nord-Mali). Il s’agit d’un examen médical et parasitologique des enfants de quatre écoles situées sur les bords du lac Faguibine, un lac au Nord de Goundam qui a la particularité d’être un lac à seuil, càd qu’il se remplit quand le fleuve Niger atteint un certain niveau, mais qu’il ne vide pas quand le niveau du fleuve décroît. Seule l’évaporation va le vider progressivement, ce qui laisse aux populations locales (des Touaregs sédentarisés) la possibilité de cultiver du riz.

Le district de Goundam est dans la région de Tombouctou et notre première visite sera pour le gouverneur, ce qui nous laissera le loisir de visiter cette ville sainte.

Nous partons donc de Bamako avec une équipe du Ministère de la Santé, via la route Nord, en fait une traversée d’une zone désertique où nous naviguons à l’azimut, sans repère précis au sol si ce n’est des endroits au loin où l’on doit passer entre deux montagnes. C’est la grande route des nomades Touaregs qui descendent ainsi jusqu’à Bamako sans contraintes liées à la cohabitation troupeaux – cultivateurs. On y rencontrera principalement des camions chargés de bêtes et/ou de personnes. A Sokolo, un arrêt autour d’un puits me donnera l’occasion de photographier l’exhaure de l’eau de boisson à partir d’un puits qui fait environ 200 m de profondeur (d’où le dromadaire pour tirer une malheureuse outre d’eau de 20 litres).

Les paysages de l’arrivée à Niafounké sont magnifiques, comme ceux de Tombouctou. Nous passerons ensuite une bonne semaine dans les différents écoles du Lac Faguibine à raison de 200/250 enfants examinés chaque jour … épuisant !

Le retour se fera par la route plus classique, traversée du delta intérieur du fleuve Niger jusqu’à Mopti, puis le bitume jusqu’à Bamako.