Xuddur (prononcer Hoddur)

 

 

Nous ne sommes plus dans la Somalie des plages de sable fin ni des grandioses paysages de montagne … Ici, c’est la Somalie des campagnes, pauvre, industrieuse, agricole et nomade à la fois, celle de la vie qui n’a pas changée depuis quelques centaines d’années. Xuddur sera, plus tard, un fief des Chabab, disputée à coup de rezzous de ”technicals”, ces mitrailleuses montées sur un pick-up dont la Somalie fut le malheureux précurseur.

Xuddur, c’est la zone blanche de la carte de Somalie, celle qui n’intéresse personne, au milieu de n’importe où, pas de route majeure, pas de grand fleuve, pas un grand clan, pas d’aide internationale, même pas un camp de réfugiés. Avec mes acolytes du Ministère de la Santé, Abdulahi ”Ghure” et Abderizaak, nous avions décidé d’aller voir s’il n’y avait pas moyen de dessiner quelque chose de différent que l’intervention d’une agence ou une ONG étrangère qui, presqu’à tout coup, plaquait sa conception du système de santé sur une culture si différente comme était celle des somaliens.

Long voyage donc, par Baidhoa, Wajid – ou nous avons admiré les restes d’un splendide hôpital pour tuberculeux exploité par les Russes jusqu’à leur départ précipité, ils avaient tout laissé en l’état – microscopes, teintures, armoires à médicaments, personne n’y avait touché, dix ans plus tard ! Route difficile avec des passages un peu limite (nous étions en saison des pluies), peu de voitures (camions) croisés.

On arrive à Xuddur sans s’en rendre compte, si ce n’est un puits et un réservoir d’eau. La ville ressemble à un gros village avec les mêmes cases, hors l’école et les bureaux du gouverneur de région, pas beaucoup de constructions en dur. Après avoir rendu la classique visite de politesse aux autorités et passé la nuit dans un caravansérail pour camionneurs, je suis abordé – en français – le lendemain matin par un jeune somalien, vivant à Mogadiscio et qui fréquentait le Centre Culturel français. Avec lui, nous irons en direction de Belet Weyne, dans le village d’origine de sa famille, d’où sont extraites ces quelques photos. Faire des photos, surtout de personnes, n’a jamais été facile en Somalie, à plus forte raison dans l’ambiance de Xuddur.

Petit incident mécanique au retour à Xuddur (la batterie du Nissan explose) et réparation inespérée, mais de fortune. Nous reviendrons avec plein d’idées sur la façon d’adapter une aide extérieure au système culturel local. Malheureusement, la situation se dégradera rapidement après notre retour et nous aurons jamais l’occasion de confronter nos idées avec les responsables de la région du Bakool.

 

We are no longer in Somalia sandy beaches or breathtaking landscapes of mountains ... Here it is rural, poor, industrious Somalia, agricultural and nomadic at once, where life has not changed for several hundred years. Xuddur will, later on, be a stronghold of the Shabab, fought by rezzous of "technicals", the machine guns mounted on a pickup, which Somalia was the unfortunate precursor.

Xuddur is the white area of Somalia, which nobody cares about in the middle of nowhere, no major roads, no big river, not a big clan, no international aid, even a refugee camp. With my acolytes of the Ministry of Health, Abdulahi "Ghure" & Abderizaak and we decided to go see if there was a way to draw something different than the intervention of an agency or a foreign NGO that, almost every time, plastered his conception of the health system on a culture so different as was that of the Somalis.

Long journey through Baidhoa, Wajid - where we admired the remains of a splendid tuberculosis hospital operated by the Russians until their sudden departure, they had left everything in place - microscopes, dyes, medicine cabinets, no one had touched him, ten years later ! Route with difficult passages a bit limited (we were in the rainy season), few cars (trucks) crossing.

We arrive at Xuddur without realizing it, if not a well and a water tank. The city looks like a big village with the same muddy houses, outside the school and offices of the regional governor, not a lot of solid structures. After making the classic courtesy visit to the authorities and spent the night in a caravanserail for truckers, I am shout out, in French, the next morning by a young Somali living in Mogadishu and who frequented the French Cultural Centre. With him, we will go towards Belet Weyne, in the village of origin of his family, to discuss with them and where I made the following pictures. Take pictures, especially of people, has never been easy in Somalia, more so in the mood for Xuddur.

Small mechanical problem returning to Xuddur (car battery explodes). We will come back with lots of ideas on how to adapt external aid to local cultural system. Unfortunately, the situation will deteriorate quickly after our return and we have never had the opportunity to compare our ideas with leaders in the Bakool region.